À qui parler quand on dirige ?
C'est une question que peu de dirigeants posent à voix haute, parce qu'elle a l'air d'un aveu. Elle n'en est pas un. Quand la décision finit toujours sur votre bureau, savoir à qui parler n'est pas un luxe, c'est une hygiène. Passons en revue les options, honnêtement.
Terrain · 5 min de lecture
À qui un dirigeant peut-il vraiment parler ? Rarement à ses équipes, associés ou proches : tous ont un intérêt ou une dépendance. Le seul interlocuteur à la fois proche de votre réalité et neutre sur vos décisions, c'est un pair, un dirigeant sans lien avec vous.
Vos équipes : loyales, mais pas neutres
Vos équipes savent tout du terrain, mais vous ne pouvez pas leur confier vos doutes sans effet de bord. Douter devant elles, c'est déplacer votre inquiétude sur toute l'entreprise. Vous filtrez, forcément. Elles ne sont pas le bon interlocuteur pour dire « je ne sais pas si je fais le bon choix ».
Vos associés : proches, mais engagés dans le même bateau
Un associé comprend les enjeux mieux que quiconque, mais il a un intérêt dans la réponse. Sur les sujets qui touchent à la gouvernance, à l'argent, à la répartition des rôles, il n'est pas un tiers. Précieux, mais pas neutre.
Votre conjoint : présent, mais pas à sa place
Le conjoint reçoit souvent le trop-plein, tard le soir. Il porte la charge sans avoir les moyens d'y répondre, et sans avoir signé pour ça. Ce n'est ni juste pour lui, ni efficace pour vous.
Le problème n'est pas de manquer de gens autour de soi. C'est que personne, autour de soi, n'est à la fois proche et neutre.
Le coach : neutre, mais extérieur à la décision
Un coach est neutre, formé, utile pour travailler votre posture. Mais il ne vit pas ce que vous vivez et ne connaît pas nécessairement votre métier. Il vous aide à penser, il ne tranche pas avec vous. C'est un accompagnement, pas un partage de siège.
Un autre dirigeant : proche ET neutre, si le cadre existe
Reste une catégorie qui coche les deux cases : un dirigeant qui porte le même genre de poids que vous, mais qui n'a aucun intérêt dans votre réponse. Un pair. Le hic, c'est que le croiser au hasard d'un dîner ne suffit pas : il faut qu'il soit du bon calibre, qu'il ne soit ni concurrent ni lié à vous, et que le cadre autorise la franchise. C'est exactement ce qu'un cercle de pairs organise.
En chiffres. Près d'un dirigeant de PME sur deux se déclare isolé (Bpifrance Le Lab), et l'absence d'un bras droit ou d'un confident est le premier facteur qui aggrave cette solitude (Observatoire Amarok).
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Ce que change un cercle de pairs
- Proche et neutre à la fois. Cinq dirigeants de votre niveau, sans intérêt croisé, choisis pour vous, jamais un concurrent.
- Un lieu, pas un hasard. Un rendez-vous régulier où l'on parle vraiment, au lieu d'espérer tomber sur la bonne personne au bon moment.
- La décision reste la vôtre. On vous donne cinq lectures, vous tranchez seul, mieux armé.
La solitude du dirigeant n'est pas un manque de monde autour de soi. C'est l'absence de quelqu'un à la fois assez proche pour comprendre et assez neutre pour être franc. La bonne réponse à « à qui parler » n'est pas « à plus de gens », c'est « aux bonnes personnes, dans le bon cadre ».
Note éditoriale Five Peers.