Taux de base : ça marche combien de fois, en vrai ?
La vue extérieure ne remplace pas votre jugement. Elle lui donne un point de départ que votre enthousiasme n'a pas choisi.
La vue extérieure ne remplace pas votre jugement. Elle lui donne un point de départ que votre enthousiasme n'a pas choisi.
Kahneman et Tversky ont posé la distinction entre vue intérieure et vue extérieure : la première raisonne à partir des particularités du cas, la seconde à partir de ce qui est arrivé aux cas de la même famille. La première est plus vivante, plus argumentée, et systématiquement plus optimiste. Flyvbjerg a construit sur cette base la prévision par classe de référence, aujourd'hui utilisée dans l'évaluation de grands projets, précisément parce que les projets dépassent leurs budgets avec une régularité que leurs porteurs ne voient jamais venir.
« Notre cas est différent » est vrai à peu près une fois sur dix, et se dit dix fois sur dix.
Un taux de base ne décide pas à votre place et ne dit rien de votre cas en particulier. Il fixe un ancrage que vous n'avez pas choisi, ce qui est toute sa valeur : votre estimation spontanée, elle, a été choisie par vous, avec vos raisons de vouloir que ça marche.
Un taux calculé sur un petit nombre de cas est un artefact, pas un signal. Trois succès sur quatre tentatives ne font pas 75 %, ils font quatre observations. Si la classe de référence est trop étroite pour être peuplée, élargissez-la jusqu'à ce qu'elle le soit, quitte à perdre en ressemblance : une classe large et fournie renseigne mieux qu'une classe parfaite et vide.
Note éditoriale Five Peers. Sources nommées dans le texte.
Le siège bayésien pose cette question avant toutes les autres : quel est votre a priori, et qu'est-ce qui le déplacerait ?
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