Le pré-mortem : partez du principe que c'est déjà raté
L'une des rares techniques de débiaisage qui soit rapide, gratuite, et adossée à un effet mesuré. L'astuce est grammaticale : du passé, pas du conditionnel.
L'une des rares techniques de débiaisage qui soit rapide, gratuite, et adossée à un effet mesuré. L'astuce est grammaticale : du passé, pas du conditionnel.
Le résultat de départ vient des travaux sur la rétrospection anticipée de Mitchell, Russo et Pennington, publiés dans le Journal of Behavioral Decision Making en 1989. Demander à quelqu'un d'expliquer un événement futur comme s'il s'était déjà produit fait remonter nettement plus de raisons que lui demander d'en évaluer la probabilité, et ces raisons sont plus concrètes, plus proches d'une action que d'une abstraction. Klein a ensuite popularisé la technique auprès des équipes sous le nom de pré-mortem.
« Est-ce que ça pourrait rater ? » appelle un jugement, et le jugement est en général rassurant, surtout à propos d'un plan qu'on a soi-même écrit. « C'est raté. Pourquoi ? » est une tâche cognitive différente : elle présuppose l'issue et demande une explication, et produire des explications est quelque chose que nous faisons très bien.
C'est la certitude qui fait le travail. Pas le pessimisme.
Mené après que la décision est en réalité prise, le pré-mortem devient un rituel et produit des risques polis que personne n'a l'intention de traiter. Et il ne fonctionne pas sur quelqu'un qui ne peut pas prononcer la phrase d'échec sans sourire. Si la pièce n'accepte pas la prémisse pendant dix minutes, l'exercice ne rend rien.
Note éditoriale Five Peers. Sources nommées dans le texte.
Le pré-mortem est l'une des douze méthodes, et il est dans la bibliothèque pour le résultat, pas pour la diapositive.
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