Le journal de décision, et pourquoi si peu en tiennent
Tenir un registre de ses décisions est la seule façon d'apprendre de ses arbitrages plutôt que de la version que la mémoire en gardera.
Tenir un registre de ses décisions est la seule façon d'apprendre de ses arbitrages plutôt que de la version que la mémoire en gardera.
Le problème que résout un journal de décision porte un nom : le biais rétrospectif. Fischhoff l'a établi dès 1975 : une fois l'issue connue, les gens se souviennent d'avoir jugé cette issue plus probable qu'ils ne l'avaient fait. Ce n'est pas de la mauvaise foi, c'est la mémoire qui se réécrit. Conséquence pratique : sans trace antérieure, vous ne pouvez pas savoir si vous aviez raison pour de bonnes raisons, ou tort avec de la chance.
Ce qu'on n'y met pas : le récit. Un journal de décision n'est pas un journal intime, et la tentation d'écrire pour le futur lecteur bienveillant que vous serez est exactement ce qui le rend inutile.
Un registre sans issues est un journal en écriture seule.
Parce que le bénéfice arrive des mois plus tard, et l'inconfort tout de suite. Écrire « 70 % » vous engage. Relire un « 90 % » sur une décision qui s'est mal passée est désagréable, et c'est précisément l'information que vous cherchiez. La plupart des gens abandonnent au moment où la pratique commence à rendre quelque chose.
Deux choses seulement : que l'écrit précède l'issue, et que la revue arrive. Le reste est de la mise en forme. Un carnet suffit ; ce qui ne suffit pas, c'est un carnet qu'on n'ouvre plus.
Note éditoriale Five Peers. Sources nommées dans le texte.
Chez nous, le registre n'est pas un carnet à tenir : il s'écrit pendant la séance, et il porte la date de revue.
Composer mon board