Le biais de confirmation ne s'auto-diagnostique pas
Ce n'est pas un défaut de caractère, c'est le fonctionnement normal d'une tête qui a déjà une hypothèse.
Ce n'est pas un défaut de caractère, c'est le fonctionnement normal d'une tête qui a déjà une hypothèse.
Wason l'a montré dès 1960 avec une tâche devenue classique : donné une suite de trois nombres et une règle à deviner, la plupart des gens proposent des suites qui vérifient leur hypothèse, presque jamais des suites qui la casseraient. Tester ce qui confirme est spontané ; tester ce qui réfute demande une décision.
Pronin, Lin et Ross ont documenté en 2002 le point aveugle des biais : les gens reconnaissent volontiers que les biais existent, les repèrent chez les autres, et s'en estiment eux-mêmes moins affectés que la moyenne. Autrement dit, la connaissance du biais s'applique aux autres. C'est pour cela qu'une formation change peu de chose et qu'un dispositif change beaucoup.
On ne se débiaise pas seul. On confie la charge de la réfutation à quelqu'un dont c'est le rôle.
Sur les décisions lentes et réversibles, le biais se paie peu : la réalité corrige. Sur les décisions rapides et difficiles à défaire, un recrutement de dirigeant, un changement de modèle, un associé, il n'y a personne pour corriger avant que le coût soit engagé. C'est là que le dispositif vaut son inconfort.
Note éditoriale Five Peers. Sources nommées dans le texte.
Le contradicteur ne siège pas pour vous contrarier : il siège parce que personne ne cherche sérieusement ce qui le dérange.
Composer mon board