Vistage et le peer advisory en France : le modèle, et ses limites ici
Vistage a inventé une catégorie : le peer advisory board, un groupe de dirigeants animé par un Chair. Le modèle a fait ses preuves dans le monde anglo-saxon. En France, il s'implante lentement, et pour des raisons qui en disent long sur ce que cherchent nos dirigeants.
Comparaison · 6 min de lecture
Qu'est-ce que le peer advisory ? Un groupe de dirigeants qui s'entraident sur leurs décisions, souvent animé par un « Chair » rémunéré. Vistage, fondé en 1957, en est le pionnier mondial. Un cercle de pairs en reprend l'idée, sans animateur au centre.
Le peer advisory, en une définition
Le peer advisory board, c'est un groupe de dirigeants qui se réunissent régulièrement pour s'entraider sur leurs décisions. Vistage, fondé aux États-Unis en 1957 sous le nom de TEC, en est le pionnier et reste le plus grand réseau mondial du genre. Le format est bien rodé : un groupe d'une douzaine à une quinzaine de dirigeants, une réunion mensuelle, et surtout un Chair, un animateur rémunéré, souvent ancien dirigeant, qui pilote le groupe et assure un accompagnement individuel entre les séances.
Ce que le Chair apporte, et ce qu'il change
Le Chair est la force et la signature du modèle. Il structure les échanges, tient le cadre, pousse chacun. Pour beaucoup de dirigeants, ce tiers professionnel est rassurant. Mais il déplace aussi le centre de gravité : il y a quelqu'un au milieu du cercle, qui anime, qui coache, et dont dépend une part de la valeur. On est plus près d'un mastermind animé que d'une conversation strictement entre pairs.
Un Chair anime le cercle depuis le centre. Un cercle de pairs n'a pas de centre : la valeur naît entre égaux.
Pourquoi le modèle s'implante lentement en France
La catégorie « peer advisory » reste peu mature en France, et ce n'est pas un hasard :
- Le rapport à l'animateur payant. Le dirigeant français, souvent, veut d'abord des pairs, pas un tiers qui facture l'animation de la conversation.
- La question de la confidentialité et de la souveraineté. On confie ses arbitrages plus volontiers à un petit groupe choisi, français, qu'à un dispositif standardisé venu d'ailleurs.
- La taille. Une quinzaine de personnes, c'est un auditoire. Beaucoup cherchent quelque chose de plus resserré, où l'on parle à chaque séance.
Ce qu'un cercle de pairs fait autrement
Un cercle de pairs à la française part des mêmes intuitions que le peer advisory, mais retire l'animateur et resserre le groupe :
- Six, pas quinze. Un cercle où chacun parle vraiment, à chaque fois.
- Pas de Chair. Personne n'anime depuis le centre, personne ne facture la parole. On se répond entre gens du même siège.
- Apparié à la main. Vous êtes composé dans un cercle selon votre calibre et votre situation, jamais avec un concurrent, plutôt que placé dans le groupe disponible près de chez vous.
- Souverain. Un service français, des données hébergées en France, une exigence de confidentialité qui n'est pas une option.
Vistage a prouvé que des dirigeants qui s'entraident valent mieux qu'un dirigeant seul. C'est un acquis. La question n'est plus « faut-il un cercle », mais « avec ou sans animateur au centre, et à quelle échelle ». Pour situer les autres formats, voir notre panorama des cercles de dirigeants.
Note éditoriale Five Peers. La description de Vistage reflète son modèle public (peer advisory board, Chair, réunions mensuelles) ; nous le citons avec respect, comme le pionnier de la catégorie.